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Assez d'électricité pour le véhicule électrique?


Mais y aura t-il suffisamment d'énergie pour tous ces véhicules électriques ? Ne faudra t-il pas brûler du charbon pour remplir toutes ces batteries voraces ? Ou construire de nouvelles centrales nucléaires ? Fort probablement non. Voici quelques éléments de réponse glanés, pour l'essentiel, dans la presse économique. En général, elle sait compter...


SUISSE:

« L’augmentation des besoins en électricité pour l’électrification complète du parc automobile durant les vingt ans à venir (1 – 2 %), est largement inférieure à la croissance annuelle actuelle de la consommation électrique sans voiture électrique  ...  Ce qui compte pour l’électrification du trafic individuel, c’est donc moins le besoin en électricité que la puissance électrique qui doit être mise à disposition pour les voitures E. Si chaque voiture électrique est chargée avec une puissance de 3 kW, et si toutes les voitures étaient rechargées en même temps, il faudrait une puissance électrique de 12 000 MW, ce qui correspond à peu près à la puissance globale de toutes les centrales électriques suisses. Il est donc très important d’organiser les recharges dans le temps de manière à ce que la puissance électrique installée suffise. Les voitures électriques étant le plus souvent rechargées la nuit, donc quand la demande est faible, la puissance demandée sera certainement plus basse.  »



Une étude menée par Cihan Cavdarli, à l'EPFL, sur les besoins énergétiques d'un parc automobile suisse totalement électrique (2017):

« Premier constat: en Suisse, un parc automobile totalement électrique ferait grimper la demande totale en électricité de 19 à 24%, selon les scénarios.  ...  Et là, misant sur l’amélioration de l’efficience énergétique, la consommation d’énergie primaire de la mobilité électrique diminuera. En fonction des scénarios, la baisse atteindrait entre 16 et 23% à l’horizon 2035. On atteint l’équilibre. »



FRANCE:

"Déjà, rappelons-nous où nous en sommes. Aujourd’hui 2 millions de véhicules sont vendus par an en France, sur un parc de plus de 33 millions. Cela veut dire de manière simplifiée qu’il faut plus de 15 ans pour renouveler l’ensemble du parc. Et aujourd’hui, les véhicules électriques représentent… un peu plus de 1% des ventes. A ce rythme, il faudrait donc 100 ans pour atteindre les 2 millions de véhicules électriques cités dans l’article de Christian Chavagneux !
Calcul d’autant plus absurde, que les véhicules même électriques n’ont pas une durée de vie de 100 ans. Il faut donc tout d’abord augmenter fortement les ventes, en gros les multiplier par 10 au moins, pour espérer atteindre un jour d’ici une grosse décennie 2 millions de véhicules sur les routes en France.
D’un point de vue production électrique, comme rappelé dans l’article cité, cela représenterait de l’ordre de 1% de la consommation actuelle d’électricité ! 1%, soit environ 4 TWh : autant dire l’épaisseur du trait, et bien moins que la simple variation annuelle qui peut atteindre 20 TWh.
Mais raisonnons au-delà. Par exemple, avec la moitié du parc de véhicules ou la totalité quels seraient les enjeux de production électrique qui se poseraient ? L’hypothèse est peu probable. Mais pour un cas d’école maximaliste, impensable avant 2050 avec les dynamiques actuelles, considérons que toutes nos voitures pourraient être électriques.
33 millions de véhicules, consommant environ 15KWh/100km et parcourant 13000 km/an (ces 2 hypothèses sont très conservatrices puisque ce sont les données actuelles –source : ENT2008-, et on peut supposer que l’on sera capable de faire des véhicules plus légers, plus efficaces, et de réduire une partie des déplacements quotidiens, notamment via covoiturage, télétravail, etc…). Donc en prenant des hypothèses très défavorables en termes de consommation, on arrive à 64 TWh liés à un parc français complet de véhicules électriques… sur un total de consommation d’électricité aujourd’hui de plus de 430 TWh. En comptant large, très large donc, on a donc une consommation maximale des véhicules électriques qui serait de l’ordre de 15% de la consommation électrique. Ces 60 TWh ne sortiront évidemment pas du chapeau, il faudra bien les produire. Mais nous n’en sommes pas là.
Difficile de justifier aujourd’hui des nouvelles constructions de moyens de productions par ce nouvel usage, même si l’énergie est un domaine du temps long, avec de fortes inerties, où il faut anticiper longuement à l’avance. Il faut évidemment remplacer le parc vieillissant des centrales nucléaires actuelles par des nouveaux moyens de productions (EPR ? – nucléaire- et / ou ENR ? –renouvelable -), c’est cela l’urgence dans les années qui viennent. Mais cessons de croire que les arbres grimpent jusqu’au ciel, et que l’électrification de certains usages, notamment de la mobilité, impliquera des hausses de consommation structurelles. Certes, des véhicules électriques, ce sont de nouveaux usages, mais par leur efficacité intrinsèque (en résumé, 3 fois plus efficace qu’un véhicule thermique essence ou diesel), cela limite significativement l’impact global sur la consommation d’électricité. Et cette performance technique améliore en outre le bilan énergétique global. On a ainsi besoin de 3 fois moins d’électricité que de pétrole, en équivalent énergétique, pour déplacer le même nombre de véhicules !"



« La consommation supplémentaire d’électricité due aux scooters électriques est faible. Ainsi, selon l’EMPA [Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche, Suisse] , si tous les pendulaires motorisés de la ville de Zurich se reconvertissaient aux deux roues électriques, ceci ne représenterait qu’une augmentation de la consommation d’électricité de 0.13 % de la production d’électricité globale suisse. Selon les services industriels de la ville de Zurich, il suffirait de couvrir 0,75 km2 carré des toitures de la ville de panneaux solaires pour couvrir l’ensemble de cette demande ! »
Dans :


Green Business - 05/01/2012 | 11:27    « La Tribune »

"L'Europe, nouvelle terre promise des réseaux intelligents ?
Après les Etats-Unis, et sans jamais oublier le méga-marché chinois de l'énergie, l'Union européenne se profile comme la nouvelle terre promise des compteurs intelligents, selon l'étude "Smart Grid en Europe 2016", réalisée par le site américain GreenTech Media (GTM). Pour atteindre l'objectif fixé par Bruxelles de 80% de foyers équipés en 2020, il faudra installer 100 millions de compteurs d'ici à 2016.
La Commission européenne estime de son côté que 140 milliards d’euros seront nécessaires dans les dix prochaines années pour la mise à niveau des réseaux électriques, dont les compteurs intelligents, ou au moins communicants tels que le français Linky, font partie.
L'étude de GTM confirme la tendance qui se dégage depuis plusieurs mois : les Etats accélèrent, comme la France a donné le feu vert au déploiement de 35 millions de compteurs Linky, et les grands groupes se positionnent tels Toshiba qui a racheté le fabricant de compteurs Landis+Gyr, Schneider Electric ou Siemens qui multiplient les achats dans le secteur du smart grid.

Beaucoup de pédagogie nécessaire
Malgré la crise financière, la France, l’Espagne, la Grèce ou le Royaume-Uni continuent d’avancer dans leurs projets de smart grid. GTM estime que la Grande-Bretagne est le pays qui investit le plus dans le smart grid : le gouvernement a annoncé en septembre dernier des contrats de près de 7,5 milliards de dollars pour le développement des réseaux intelligents. Le pays vise l’installation d’environ 47 millions de compteurs intelligents d’électricité et de gaz d’ici à 2020. Il a créé la Central data and communication company (DCC) pour gérer l’utilisation et la sécurité des informations recueillies par les compteurs.
Mais si les investissements sont là, les consommateurs ne sont pas forcément prêts à adopter les compteurs intelligents, selon GTM. L’étude explique qu’au Danemark, la société SEAS-NVE, gestionnaire du réseau, a appris aux installateurs de ses compteurs comment expliquer aux clients leur nouveau produit. Ce qui a permis de diminuer de moitié les plaintes des usagers qui ont aussi réalisé des économies d’environ 16% en moyenne sur leurs factures d'électricité annuelles."
Source: La Tribune


"La Corée du Sud mise sur le "smart grid"
Source : La Tribune.fr - 07/04/2011 |

Séoul teste depuis 2009, grandeur nature, les technologies des réseaux électriques intelligents, qui doivent lui permettre de réduire sa facture d'électricité. Les premiers résultats sont prometteurs.
Cinq milliards d'euros. C'est la somme que Kepco, l'opérateur public sud-coréen de production et de distribution d'électricité, compte investir d'ici à 2030 dans le « smart grid ». Et nombreuses sont les entreprises du pays du Matin Calme à miser sur ce concept. Les « réseaux électriques intelligents » doivent permettre l'optimisation de la consommation d'électricité à l'aide des nouvelles technologies de l'information et de la communication (TIC). Sans ressources naturelles, la Corée du Sud doit importer 97 % de son énergie et le pays se classe parmi les plus gros émetteurs de CO2 des pays de l'OCDE. Mais elle possède aussi une industrie des TIC très avancée. « Les technologies ?smart grid? doivent aider à améliorer le rendement énergétique », s'enthousiasme Jongcheon Son, de l'Institut coréen du smart grid (KSGI). Cette agence publique a pour objectif d'économiser en vingt ans plus de 18 milliards d'euros d'importations énergétiques. Selon sa feuille de route, toutes les grandes villes coréennes seront connectées d'ici à 2020, et tout le pays d'ici à 2030.
Un projet pilote est mené sur l'île de Jeju. Depuis 2009, 168 entreprises y participent et 6.000 foyers sont connectés pour un budget de 141 millions d'euros, dont un quart financé par l'État. « Si l'on considère la variété des technologies testées, le projet de Jeju est le plus grand du monde , souligne Jongcheon Son. Nous y expérimentons des technologies mais aussi un modèle commercial. »
Forte baisse de la facture
Les systèmes testés consistent en des capteurs installés sur l'ensemble des infrastructures de distribution afin d'en minimiser les pertes. Côté usager, des compteurs électriques « intelligents » gèrent automatiquement sa consommation. Ils font par exemple fonctionner les appareils électroménagers aux heures où l'électricité est la moins chère. Le contrôle se fait depuis un écran dédié ou un téléphone portable. « L'utilisateur a en main toutes ses données énergétiques. Cela lui permet d'optimiser sa consommation en électricité, en gaz et en eau », explique Francisco Song, directeur du bureau de Séoul du cabinet de consulting Jitex. Ce nouveau marché du « foyer intelligent » intéresse les opérateurs téléphoniques, qui sont partie intégrante du projet. L'expérience inclut aussi la construction de centrales d'énergies renouvelables (solaire, éolien) et d'infrastructures pour les véhicules électriques (station de rechargement). Elle comprend enfin la mise au point d'un système de facturation, ainsi que d'un marché de vente et d'achat d'électricité en temps réel. Selon le quotidien sud-coréen « Joongang Ilbo », un habitant de Jeju a vu grâce au smart grid sa facture d'électricité passer de 35 euros mensuels à... 1,50 euros. « C'est probablement un record, tempère Francisco Song car les résidents ont vu leur facture réduite de 40 % en moyenne. »
Frédéric Ojiardias, à Séoul - 07/04/2011,


"Les ombrières photovoltaïques, un marché en plein essor
Source : La Tribune.fr - 27/04/2011

De nombreuses entreprises se sont lancées dans la fabrication de ces abris équipés de panneaux photovoltaïques qui permettent de protéger les voitures du soleil tout en produisant de l'électricité.
Bien sûr, à la base, il y a un véritable intérêt pour les problématiques énergétiques. Mais surtout pour Raphaël Brière, cet ingénieur trentenaire fondateur de la toute jeune société Advansolar, une idée initiale qui repose sur un concept simple : « Ne pas baser notre modèle économique sur la revente de l'électricité solaire à EDF. » Et voilà le projet des ombrières photovoltaïques lancé. Présentés fin mars au Salon des énergies renouvelables et de l'automobile de Monaco, ces abris permettent de protéger du soleil voitures ou deux-roues garés sur des parkings à ciel ouvert tout en produisant de l'électricité. Avec deux particularités. D'une part, les ombrières sont équipées de prises permettant de recharger le cas échéant les véhicules fonctionnant pour tout ou partie à l'électricité (véhicules électriques ou hybrides rechargeables). Un concept qui s'intègre parfaitement dans la logique du développement de ce type de véhicules et qui présente l'avantage de fournir un courant propre. D'autre part, elles sont agrémentées de deux panneaux publicitaires lumineux, dont la location permet à l'acquéreur de rentabiliser plus rapidement son achat. Par ailleurs, Advansolar précise que ses ombrières sont modulables et adaptables à tous les types de terrains. Des atouts qui ont de quoi séduire les détenteurs, publics ou privés, de places de parking à ciel ouvert, cible principale de ce marché. Un potentiel important représentant « au bas mot, plus de cinq millions d'emplacements », estime Raphaël Brière. De fait, le potentiel est à la mesure des parkings de centres commerciaux, gares et aéroports, de ceux des flottes des grandes entreprises, etc.
Ce marché alléchant attire logiquement les entrepreneurs et Advansolar va avoir fort à faire avec une sévère concurrence. Des dizaines d'entreprises françaises et étrangères se sont déjà lancées sur le créneau. Et plusieurs milliers d'hectares de parcs de stationnement en France se sont déjà transformés en minicentrales électriques. « Nous ne disposons pas encore d'un recensement précis, mais nous y travaillons », indique le ministère de l'Écologie. Selon les experts, l'activité de ce marché ne peut que prendre de l'ampleur. Contrairement aux grandes fermes photovoltaïques implantées dans la campagne, la couverture de parkings ou d'espaces urbains n'entre en conflit ni avec les surfaces agricoles, ni avec les paysages. Par ailleurs, les pouvoirs publics ne peuvent qu'encourager son développement. En effet, l'installation de prises de recharge dans un maximum d'endroits possibles rassure les propriétaires de véhicules sur leur autonomie de déplacement et participe ainsi au développement de la voiture électrique."
Rémy Janin - 27/04/2011, 09:06


"Série d'alliances pour un supergrid européen
ER / GreenUnivers.com | 13/12/2010, 16:43    La Tribune

Plusieurs bonnes fées se sont penchées cette semaine sur le projet de super-réseau électrique ("supergrid") offshore qui raccordera les futurs parcs éoliens prévus en mer du Nord, en mer Baltique, dans la Manche, en mer Celtique et en mer d'Irlande.
D'un côté, dix ministres européens, qui ont renforcé et rendu plus concret l'accord conclu l'an dernier sur ce sujet, de l'autre, sept groupes privés, quelque peu disparates mais aussi complémentaires, spécialistes de la transmission électrique, du développement des parcs éoliens, du financement ou des infrastructures, européens ou non, petits ou moyens.
Les sept groupes alliés sont la société d'ingénierie belge 3E, Alstom Grid (la branche de transmission du français Alstom qui a intégré un morceau d'Areva T&D), le groupe indien CG Power Systems ou plus exactement sa filiale belge, le belge CMI (Cockerill Maintenance et Ingénierie), le développeur belge DEME Blue Energy, le groupement Eurogrid International (holding du belge Elia et du fonds australien Industry Funds Management, qui détient 50Hertz, l'un des quatre gestionnaires des réseaux d'électricité allemands) et enfin le groupe allemand d'infrastructures SAG.
Grand absent évidemment, leur concurrent à tous : le suédois ABB, leader mondial des transmissions électriques, qui déjà raccords des parcs en mer du Nord. L'accord ne comprend pas non plus de fabricants d'éoliennes.
Les sept alliés veulent "rechercher ensemble des opportunités pour développer, exploiter et financer conjointement" des projets ciblés dans ces zones et aussi "offrir des services, des produits et des investissements combinés et communs afin de développer, d'exploiter et d'entretenir l'infrastructure marine nécessaire".
Dix pays poussent derrière
Un accord qui, selon les sept groupes, vise à concrétiser la « North Seas Countries Offshore Grid Initiative », le protocole d'accord signé l'an dernier par les ministres des pays des mers du Nord : Belgique, Danemark, France, Allemagne, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas, Suède et Royaume-Uni.
L'accord politique, qui avait été signé dans la foulée du sommet de Copenhague, mais n'avait guère été suivi d'effet, a été complété la semaine dernière par un "Memorandum of Understanding", où cette fois la Norvège s'est jointe, et par lequel les pays participants ont réaffirmé leur objectif de construire ce réseau, avec une date : 2020.
Le MOU prévoit, entre autres, un état des lieux de la faisabilité à rendre d'ici juin 2011. Le projet sera onéreux : selon l'Association européenne de l'éolien ( European Wind Energy Association, EWEA), il pourrait coûter environ 30 milliards d'euros.
Environ 150 gigawatts sont prévus ou en construction actuellement en mer du Nord d'ici 2030 (Voir Repère: les plus grands parcs éoliens offshore en Europe).
Câbles bilatéraux
Plusieurs coopérations bilatérales existent déjà : la Norvège et les Pays-Bas, par exemple, utilisent des câbles à très haute tension pour faire circuler l'électricité éolienne entre les deux pays, selon les besoins.
Egalement, le projet irlando-écossais ISLES (Irish-Scottish Links on Energy Study) prévoit une connexion entre Ecosse, Irlande du Nord et république d'Irlande, grâce à un réseau en mer d'Irlande. Ce projet doit d'ailleurs devenir partie intégrante du futur supergrid nord-européen.
L'EWEA évoque aussi un projet de réseau pan-européen pour 2030, qui pourrait coûter jusqu'à 100 milliards d'euros."



« Le réseau allemand pourrait gérer 1 million de voitures électriques... si elles arrivent.
GreenUnivers.com | 03/12/2010, 22:10          La Tribune

Gérer le million de voitures électriques promis par le gouvernement allemand pour 2020 ? Aucun problème ! Les compagnies d'énergie allemandes restent zen, convaincues d'y parvenir sans souci dans 10 ans. C'est la conclusion optimiste du rapport d'un groupe de travail sur l'intégration au réseau et les infrastructures de recharge de la Plate-forme nationale sur la mobilité électrique (NPE).
Gérer le million de voitures électriques promis par le gouvernement allemand  pour 2020 ? Aucun problème ! Les compagnies d'énergie allemandes restent zen, convaincues d'y parvenir sans souci dans 10 ans. C'est la conclusion optimiste du rapport d'un groupe de travail sur l'intégration au réseau et les infrastructures de recharge de la Plate-forme nationale sur la mobilité électrique  (NPE).
Cette Plate-forme, mise en place en mai 2010 par Angela Merkel  pour dresser une feuille de route des véhicules électriques en Allemagne, réunit une ribambelle de hauts dirigeants de géants industriels et énergétiques (E.ON, Siemens, RWE, Audi...) mais aussi d'instituts de recherche et du gouvernement pour faire avancer les véhicules électriques outre-Rhin.
Mais le rapport intérimaire de la NPE souligne aussi que l'Allemagne risque de rester à la traîne par rapport aux autres pays dans ce domaine, et que des pays comme la Chine, le Japon, la Corée, la France et les Etats-Unis vont creuser l'écart. Sauf si l'Allemagne investit plusieurs milliards pour développer ce secteur, des dépenses non prévues pour l'instant.
Le rapport suggère entre autres des incitations fiscales pour les sociétés qui équiperaient leur flotte de voitures électriques, mais sans recommander une prime d'achat pour les voitures électriques comme c'est le cas en France, aux États-Unis ou encore au Japon.
Les constructeurs en retard
Parmi les lacunes allemandes, le rapport souligne que contrairement aux marques françaises ou japonaises, aucun grand constructeur allemand n'a de voitures électriques prêtes à sortir sur le marché. Quant aux premières voitures électriques qui seront importées, elles ne bénéficieront pas, contrairement à de nombreux pays, de primes à l'achat.
Pour combler leur retard, les industriels et les pouvoirs publics devraient donc, selon le rapport, investir quatre milliards d'euros en 2020, en particulier dans la technologie des batteries, et mener d'urgence une recherche intensive dans ce domaine. Le rapport souligne aussi le rôle important de la normalisation.
Le président de l'Association de l'industrie automobile (VDA), Matthias Wissmann, a souligné que les constructeurs allemands et les fournisseurs investiraient dans les quatre prochaines années 10 à 12 milliards €, et que c'était maintenant au tour du politique de jouer.
Techniquement possible
Les réseaux électriques ne semblent pas être un obstacle. Dans le futur, les véhicules électriques pourront être utilisés comme des appareils de stockage d'énergie et aider à absorber l'énergie éolienne et solaire, intermittentes. Les compteurs intelligents permettront de recharger les véhicules au moment où ces énergies renouvelables produisent trop d'électricité, comme par certaines nuits très venteuses. Et l'électricité dont ont besoin ces véhicules pourrait en fin de compte être entièrement d'origine renouvelable.
Le groupe de travail prévoit d'ailleurs de rapides innovations dans les stations de recharge : d'ici à 2020, des stations sans câbles par induction, à haute tension, permettront des recherches plus rapides et plus faciles, qui contribueront à populariser les voitures électriques. "Nous aurons besoin de solutions pragmatiques et bon marché, ne plaçons pas la barre trop haut pour les stations de recharge", a cependant averti le président du groupe de travail, Klaus-Dieter Maubach, qui est l'un des administrateurs d'E.ON.
L'un des objectifs à moyen terme est de développer les échanges de données entre les véhicules et le réseau, à partir du moment où un assez grand nombre de voitures électriques rouleront sur les routes. Les bornes de recharge installées actuellement devront pouvoir plus tard être renforcées avec des technologies d'échanges de données pouvant s'intégrer à un réseau intelligent.
Intégrer 1 million de voitures électriques pour 2020 ne sera généralement pas un problème pour le réseau électrique, conclut le rapport. Dans les seuls cas où il existerait localement une très forte densité de voitures électriques, il pourrait y avoir un risque de surcharge obligeant les opérateurs à augmenter la capacité du réseau.
Mise en place d'un smart grid
Cependant l'arrivée de nouvelles consommations, ainsi que la production d'énergie intermittente transforment fondamentalement le système énergétique et l'infrastructure ne peut le supporter que jusqu'à un certain degré.
“Installer des contrôles intelligents sur le réseau est nécessaire, pour s'assurer que les voitures électriques peuvent être alimentées par des énergies renouvelables”, selon Wolfgang Dehen, membre du conseil exécutif de Siemens et PDG de Siemens Energy Sector, prônant la mise en place rapide d'un réseau intelligent. Le groupe de travail recommande la mise en place d'incitations pour favoriser les investissements nécessaires.
Un million de voitures électriques consommeraient au plus 2 TWh d'électricité par an. Or, l'Allemagne devrait produire nettement plus que 100 TWh d'énergies renouvelables d'ici 2020, ce quoi, en théorie, faire rouler 50 millions de voitures électriques, calcule le groupe de travail. »


"Tesla met au point le Superchargeur Solaire : 30 minutes pour 240 km d’autonomie"

"240 km d’autonomie en 30 min

La firme amér